Spinsy s’est lancé entre août et novembre 2024, héritier direct d’une cascade de faillites et de transferts d’actifs. Rabidi N.V. a fait faillite en juin 2024 après une plainte allemande de 244 950 €. Ses actifs ont migré pour 1,2 M€ vers Adonio N.V. puis vers NovaForge Ltd à Mutsamudu. Quarante-deux marques sœurs partagent désormais une seule licence anjouanaise. J’ai reconstitué cette chronologie le dimanche 7 juin 2026 à 16 h 20.
Lancement Spinsy : novembre 2024
Les captures Wayback Machine permettent de dater précisément l’activation. Le domaine spinsy.com est enregistré depuis le 5 août 2018, mais sans contenu casino. Entre 2018 et avril 2024, le domaine redirige vers des pages parkées sans activité opérationnelle.
Au 1er mai 2024, première activation détectable : le crawler Wayback récupère un HTTP 403, signe que Cloudflare bloque l’archive et que le site est désormais derrière un proxy actif. Les premières captures HTTP 200 utilisables datent du 5 novembre 2024. C’est la première trace publique d’un site casino opérationnel. Le lancement effectif se situe vraisemblablement entre août et octobre 2024.
À ce stade, Spinsy a environ vingt mois d’activité. C’est très récent pour un casino offshore, et cela pèse dans la lecture éditoriale. L’opérateur n’a pas encore traversé un cycle complet de réclamations et de jurisprudences sur sa propre marque.

Rabidi N.V. : la faillite de juin 2024
Avant Spinsy, il y a Rabidi. L’opérateur Rabidi N.V., immatriculé à Curaçao, exploitait plusieurs casinos en ligne dont certains rebrandés ensuite sous la bannière NovaForge.
Au printemps 2024, un joueur allemand a déposé une plainte pour gains impayés à hauteur de 244 950 €. La procédure a déclenché un examen de la Gaming Control Board de Curaçao. Le 7 juin 2024, la GCBC a révoqué la licence de Rabidi N.V. La société a été placée en faillite peu après, selon la procédure d’insolvabilité néerlandaise applicable aux entités curaçaoises.
L’administrateur judiciaire a ouvert l’examen des transferts d’actifs antérieurs. C’est là que le dossier devient intéressant. Trois mois avant la révocation, le 20 mars 2024, Rabidi avait cédé son catalogue, ses contrats fournisseurs et ses bases joueurs à une entité nommée Adonio N.V. pour la somme de 1,2 million d’euros.
L’administrateur a qualifié l’opération de manœuvre probable de fraude créancière. Le timing est instructif. Trois mois avant la faillite et la révocation, les actifs ont quitté le périmètre Rabidi. Les créanciers du dépôt allemand, et les joueurs créanciers à hauteur de leurs soldes, se retrouvent avec une coquille vide. Détail complet sur notre page Rabidi.
NovaForge Ltd : le successeur à Mutsamudu
NovaForge Ltd est l’entité que les enquêtes désignent comme la nouvelle structure opérationnelle du portefeuille post-Rabidi. La société est immatriculée à Hamchako, Mutsamudu, dans l’Île autonome d’Anjouan, Union des Comores. Le numéro d’enregistrement est 15684.
Mutsamudu est la deuxième ville d’Anjouan, devenue depuis 2023 un hub d’incorporation pour opérateurs en ligne attirés par la réforme du régulateur Anjouan Gaming Board. La juridiction propose un coût d’incorporation faible, une licence rapide à obtenir, et un cadre AML formellement aligné sur les standards internationaux mais dont l’enforcement reste très théorique.
La filiation entre Rabidi et NovaForge n’est pas une fusion juridique au sens strict. Aucun lien capitalistique direct n’est publié. Mais la continuité opérationnelle — mêmes marques, mêmes partenaires fournisseurs, mêmes interfaces, même back-office Strong Affiliates — rend la lecture évidente pour les observateurs du secteur. FinTelegram a explicitement publié deux rapports qualifiant NovaForge de « new face in the illegal online casino scene », avec mention de Liernin Enterprises (Marshall Islands) comme entité parente probable.

Transfert 1,2 million d’euros : la manœuvre Adonio
Le transfert du 20 mars 2024 mérite un focus. Adonio N.V. est l’entité qui a acquis les actifs Rabidi pour 1,2 million d’euros, trois mois avant la révocation de licence. À la valorisation d’un portefeuille de marques générant plusieurs millions d’euros de revenue annuel, le prix paraît modeste. C’est précisément ce qui a alerté l’administrateur d’insolvabilité.
Le standard d’évaluation appliqué dans les transferts d’actifs préalables à faillite cherche à identifier les sous-évaluations qui privent les créanciers de valeur. Quand un actif générant X de revenu annuel est cédé à une fraction de X, l’administrateur peut demander la nullité de la transaction. La procédure néerlandaise prévoit la possibilité de pursuit-claw-back. Récupération des actifs cédés. À notre date de scrap, juin 2026, les actions judiciaires sont en cours et leurs conclusions ne sont pas publiques. Le détail du dossier est suivi sur notre page dédiée.

Quarante-deux marques sœurs sous une licence
Casino.guru documente 32 marques explicitement reliées à Spinsy. La liste inclut SupaBet, Winsane, Cashwin, Goldspin, Casinoly, Wyns, Winota, OhMySpins, Powbet, Sushi, ZetCasino, FEZbet, QuickWin, GreatWin, Spinaro, FEZbet, Vegasino, et d’autres.
D’autres sources ajoutent des marques non listées par Casino.guru sur la fiche Spinsy mais reliées au même groupe. Kryptocasinos.com cite Boomerang Casino, Mr. Pacho, BillyBets, Stonevegas, Grand Club, PlayZilla. Souvent issues d’acquisitions post-Rabidi. Thegambletimes.com ajoute Casombie, lancée en 2021. Blackjackinfo cite Neon54, RTbet, MyEmpire, BoaBoa, Malina, Kingmaker, CristalPoker. Le fil Casino.guru NovaForge mentionne aussi LunuBet, Duospin, Allyspin.
Le total conservateur converge vers 42 marques, avec une estimation supérieure autour de 50 selon thegambletimes.com. Toutes partagent la même licence Anjouan ALSI-152406028-FI2. Cette structure mutualisée a un effet pratique. Une plainte non résolue sur LunuBet pèse, via les points noirs Casino.guru, sur la note de Spinsy. C’est précisément le mécanisme qui a généré les 2 567 points noirs hérités visibles sur la fiche Spinsy.

Licence Anjouan ALSI-152406028-FI2
La licence est délivrée par le Gaming Board of Anjouan, structure régulatrice de l’Île autonome d’Anjouan dans l’Union des Comores. Le numéro ALSI-152406028-FI2 est vérifiable sur les pieds de page de plusieurs marques sœurs. Casombie, Boomerang, SupaBet, Allyspin, Duospin. Mais pas sur Spinsy elle-même.
L’absence de la licence sur le site Spinsy est documentée par un détail technique. Le code source de la page About Us contient un sélecteur JavaScript [data-anj-seal-id], qui rend le sceau Anjouan puis le supprime conditionnellement au bout de deux secondes selon l’URL. C’est un comportement programmé. Le sceau existe dans le DOM, mais il est masqué selon les règles définies par Google Tag Manager. Vraisemblablement pour ne pas l’afficher dans les juridictions sensibles.
Le registre officiel anjouangaming.com/license-register est consultable en interactif, formulaire web, sans API publique. La vérification du numéro nécessite une demande manuelle. Pour la rédaction, c’est un point de friction qui s’ajoute à l’opacité du site lui-même.
Implications pour le joueur francophone
Cette chronologie n’est pas un détail théorique. Pour un joueur déposant sur Spinsy en 2026, elle signifie trois choses concrètes. Premièrement, l’opérateur est jeune sur sa marque actuelle. Moins de deux ans. Héritier d’une faillite récente avec créanciers non remboursés. Deuxièmement, la licence est mutualisée sur quarante-deux marques, ce qui dilue tout enforcement éventuel. Troisièmement, la structure offshore Mutsamudu place toute action légale en cas de litige hors du périmètre francophone classique.
Cela ne signifie pas que Spinsy va répliquer le scénario Rabidi. Mais cela signifie que la prudence éditoriale est justifiée, et que la lecture critique des plafonds VIP et des clauses T&C, telle que notre dossier avis la détaille, mérite d’être pondérée par cette histoire récente.

Questions fréquentes
Quand Spinsy a-t-il été lancé ?
Les premières captures opérationnelles datent de novembre 2024 selon Wayback Machine. Le domaine spinsy.com existait depuis 2018 mais sans activité casino. Lancement effectif estimé entre août et octobre 2024.
Qu’est-il arrivé à Rabidi N.V. ?
Faillite et révocation de licence le 7 juin 2024 par la Gaming Control Board de Curaçao, suite à une plainte allemande de 244 950 € pour gains impayés. Les actifs avaient été transférés trois mois plus tôt à Adonio N.V. pour 1,2 million d’euros, opération qualifiée de probable fraude créancière par l’administrateur judiciaire.
NovaForge Ltd est-il vraiment lié à Rabidi ?
Pas par lien capitalistique direct documenté. Mais par continuité opérationnelle évidente. Mêmes marques, mêmes fournisseurs, même back-office Strong Affiliates. FinTelegram a publié deux rapports affirmant cette continuité.
Combien de marques partagent la licence ALSI-152406028-FI2 ?
Trente-deux marques explicitement listées par Casino.guru sur la fiche Spinsy, plus environ dix marques cross-confirmées par d’autres sources. Total conservateur de 42, estimation haute autour de 50.
Pourquoi la licence n’apparaît-elle pas sur le site Spinsy ?
Le sceau Anjouan existe dans le DOM mais est supprimé conditionnellement par un script JavaScript après deux secondes selon l’URL. Comportement programmé, probablement pour ne pas afficher la licence dans certaines juridictions sensibles. Sur les marques sœurs, le sceau reste visible.
Les créanciers Rabidi ont-ils été remboursés ?
Pas à notre date de scrap. La procédure néerlandaise d’insolvabilité est en cours. Les actions de claw-back sur le transfert Adonio sont à l’examen mais sans conclusion publique. Pour les joueurs créanciers ayant un solde Rabidi au moment de la faillite, la voie de recours reste théorique.